Les écoles de médecine nord-américaines privilégient l’idéologie à la science

Traduit par un parent francophone de Genspect. (Go here for the English version.)

La semaine dernière, The Economist a publié un important article sur l’idéologie qui influence désormais des programmes de facultés de médecine aux États-Unis, intitulé Trans ideology is distorting the training of America’s doctors, avec ce sous-titre inquiétant : La peur et l’ignorance infectent l’enseignement médical.

L’article rapporte ensuite des cas dans des facultés de médecine américaines où la théorie de l’identité de genre a supplanté les sciences fondamentales dans la pédagogie. Par exemple, même si la dysphorie de genre figure dans le DSM 5 de l’APA, elle n’est pas explicitement enseignée comme une maladie mentale, et les faits essentiels concernant les risques médicaux basés sur la biologie sont brouillés.

Fait troublant, « une pédiatre enseignante à l’université (qui n’a pas souhaité que son nom, son institution ou son État apparaissent dans cet article) affirme que tous les étudiants en médecine comprennent qu’on attend d’eux qu’ils suivent le modèle d’affirmation “sans critique et sans remise en question” ».

L’article de The Economist examine pourquoi il en est ainsi et avance deux raisons : « La première (reflétée par le fait qu’aucun médecin n’a voulu que son nom soit publié) est la peur. Certains militants des droits des transgenres intimident toute personne qui exprime publiquement ses préoccupations. L’autre est l’ignorance. Un pédiatre qui enseigne dans une école de médecine en Floride explique qu’une fois leur formation terminée, beaucoup de médecins ne prêtent guère attention aux nouvelles recherches médicales et se fient aux médias pour s’informer. En Amérique, on a peu parlé des dangers des bloqueurs ou des malheurs des transitions. »

Ces changements non scientifiques de ce qui est enseigné dans des facultés de médecine, qui influenceront directement le traitement des jeunes gens en questionnement de genre, ne sont pas uniques aux États-Unis. Ils se produisent également ailleurs, au minimum au Canada, où les médias ont également manqué à leur devoir d’informer de manière équilibrée sur le sujet.

Un médecin canadien, également professeur d’université dans une faculté de médecine, a partagé l’anecdote suivante avec Genspect :

« J’ai appris de manière informelle que le cours que je donnais aux étudiants en première année de médecine sur certaines compétences cliniques fondamentales allait être remplacé par un cours donné par un professionnel de la santé (non-médecin) sur les “soins affirmatifs de genre”. Il ne faudra pas plus de cinq ans aux étudiants qui sont en première année de médecine pour être en mesure de prescrire des médicaments ou d’orienter des patients vers une intervention chirurgicale. Il ne s’agit pas d’un simple “renforcement des capacités” – il s’agit purement et simplement d’un recrutement et d’un endoctrinement des jeunes étudiants en médecine fondé sur une idéologie et non sur des preuves médicales. Il est très pénible de voir le déroulement de cette situation, et je suis impuissant. On me dit que les professeurs en soins infirmiers et en travail social sont à l’origine de ces décisions concernant les programmes d’études de premier cycle en médecine dans l’esprit des “approches fondées sur l’équipe” de la pratique médicale. Cela signifie que des personnes qui n’ont pas de diplôme de médecine et qui n’ont souvent aucune expérience de l’examen des données cliniques décident qu’un domaine mal compris de la médecine des enfants et des adolescents doit être enseigné aux étudiants en médecine par des personnes qui sont essentiellement les acolytes d’une idéologie qui aura un impact significatif sur le futur fardeau médical des individus et de cette population ».

Comme le conclut l’article de l’Economist : « C’est un problème… lorsque les médecins commencent à croire qu’ils peuvent simplement ignorer les preuves médicales et les faits scientifiques qui ne leur plaisent pas. »

Crédit image : Tara Winstead, Pexels

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