La question de la transidentité fait couler de l’encre en France

Cet article a été écrit par un parent de Genspect.

La hausse fulgurante de jeunes adultes, d’adolescents et d’enfant exprimant que leur genre ne correspond pas à leur « sexe assigné à la naissance » est un phénomène auquel la France n’échappe pas. En France comme ailleurs, l’approche dite « affirmative » a ses thuriféraires, mais elle rencontre aussi une forte opposition.

Inquiets du phénomène en ce qui concerne les enfants et les adolescents, une cinquantaine de professionnels de tous horizons dénoncent cette « dérive » dans les pages de L’Express :

Nous dénonçons ce rapt de l’enfance. Il est aujourd’hui urgent d’informer le plus grand nombre de citoyens, de tous métiers, de tous bords, de tous âges, sur ce qui pourrait bien apparaître demain comme un des plus grands scandales sanitaire et éthique, que nous aurions regardé arriver sans mot dire : la marchandisation du corps des enfants. Car en persuadant ces enfants qu’un sexe leur a été « assigné » à la naissance, et qu’ils peuvent librement en changer, on en fait des patients à vie : consommateurs à vie de produits chimiques hormonaux commercialisés par les firmes pharmaceutiques, consommateurs récurrents de toujours plus d’opérations chirurgicales dans la poursuite du rêve chimérique d’un corps fantasmé.

Dans la foulée d’un projet de loi pour bannir les thérapies de conversion, qui amalgame « l’identité de genre » et l’homosexualité, Aude Mirkovic, maître de conférences en droit privé et porte-parole de l’association « Juristes pour l’enfance », signe une tribune dans Marianne où elle met en relief différentes questions qui tracassent de nombreux parents et praticiens sceptiques face à ces projets de loi qui sont déposés dans plusieurs pays industrialisés.

Quant aux psychologues, psychiatres, médecins, vont-ils pouvoir explorer les raisons pour lesquelles le jeune ne se sent pas bien dans son corps de fille ou de garçon, comment pourront-ils aider ces jeunes en souffrance à se sentir bien dans leur corps s’ils risquent la prison dès lors que leurs propos peuvent être considérés comme « réprimant » le genre de leur jeune patient ?

Outre la question sur les balises encadrant les pratiques des professionnels pour les soins à prodiguer aux enfants, elle aborde la question de la possibilité de consentir d’un enfant ainsi que celle de la responsabilité des adultes face à ces enfants.

La proposition de loi oblige finalement les adultes, à commencer par les parents, à démissionner de leurs responsabilités à l’égard des jeunes. Si un adulte trouve une satisfaction au mal-être lié à son corps d’homme ou de femme en transformant ce dernier, il prend ses propres responsabilités vis-à-vis de lui-même. Mais comment imaginer qu’un enfant puisse prendre de telles décisions en connaissance de cause ?

[…]

 Les amendements visant à supprimer du texte la référence à l’identité de genre, pour éviter de mettre en péril l’accompagnement psychothérapeutique des mineurs en questionnement de genre, ont tous été rejetés. Les députés ont-ils compris qu’ils organisent la démission des adultes, et abandonnent finalement l’enfant à une solitude et une responsabilité qui ne sont pas de son âge, sous prétexte d’une autodétermination dont les adultes veulent se convaincre pour eux-mêmes ?

Pour sa part, la revue Atlantico titre l’entrevue qu’elle a tenue avec le pédopsychiatre Christian Flavigny « Médecine de la transsexualité : cette autre thérapie de conversion tout aussi dangereuse que celle que l’on vient d’interdire ». Dans cette entrevue, Flavigny insiste sur la nécessité d’entendre le désarroi exprimé par ces enfants, mais de ne pas le prendre au pied de la lettre et sur l’importance du rôle des parents :

Il faut prendre au sérieux le malaise des enfants et être à l’écoute, dans une écoute de compréhension de leur malaise. Ils n’arrivent pas à s’approprier leur sexe. Il faut bien le rappeler. Le discours du transgenre est de dire que le sexe est assigné par le social. C’est faux. Le sexe est l’effet de la nature et du hasard. L’enfant doit pouvoir pour se constituer s’approprier ce que la nature, par les faits du hasard, lui a donné, être d’un sexe ou d’un autre. Il doit en faire quelque chose qui devienne son identité propre. […] Il faut mettre cela au travail dans l’enfance en travaillant avec les parents, en les associant. Les parents, par leur compréhension, vont permettre de soulager ce vœu et ce malaise de l’enfant. Au moment de l’adolescence, il faut aussi associer les parents parfois d’une manière un peu plus distante.

Finalement, L’Observatoire La petite sirène – un collectif pluridisciplinaire qui entend « mettre en garde les professionnels de l’enfance sur l’impact des réseaux sociaux et du militantisme », notamment sur la question de la dysphorie de genre – rappelle que la transition, notamment médicale, est loin de faire consensus et lance un appel pour un débat national autour de « l’enfant-trans » :

Il y a actuellement une vive controverse sur les traitements hormonaux dispensés aux mineurs qui souhaitent changer de sexe au nom de leur « autodétermination » : sont-ils vraiment réversibles comme le prétendent certains médecins ? Et doit-on solder un malaise identitaire à coup d’hormones et d’offres chirurgicales banalisées ? L’ « autodétermination » de l’enfant relève-elle d’un réel progrès civilisationnel ?  

Crédit image : Pixabay, Pexels

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