Dre Erica Anderson : La contagion sociale au travail

Traduit par un parent francophone de Genspect. (Go here for the English version.)

Dans son article d’opinion paru le 4 janvier 2022 dans le San Francisco Examiner, la Dre Erica Anderson, ancienne présidente de l’USPATH et membre du conseil d’administration du WPATH, éminente psychologue spécialiste des questions de genre, et femme trans, persiste dans la veine de son article à succès du Washington Post coécrit avec la Dre Laura Edwards-Leeper, en affirmant que « nous risquons de nous égarer » lorsqu’il s’agit de savoir comment notre société aide les jeunes qui s’interrogent sur leur genre.

Dans un clin d’œil à Jean Twenge, chercheuse et auteure de iGen, la Dre Anderson note d’abord comment la pandémie a forcé les jeunes à se connecter en ligne dans ce qui est manifestement en train de devenir une « expérience sociale massive et non planifiée. Même les géants de la technologie ont concédé dans leurs propres recherches qu’il existe une nouvelle sorte de dépendance/attraction à certains contenus et une sorte de contagion parmi certains groupes, en particulier chez les adolescentes ». [C’est moi qui souligne dans cet article]

Elle écrit ensuite : « Par exemple, certains contenus sur YouTube et TikTok incluent des “influenceurs”, qui sont eux-mêmes à peine sortis de la puberté. Ils dispensent des conseils à d’autres jeunes, les encourageant spécifiquement à explorer librement leur identité de genre. »

Puis, sans mentionner explicitement les recherches pionnières de la Dre Lisa Littman, Dre Anderson souligne un élément clé de la dysphorie de genre à déclenchement rapide : l’influence sociale.

Certains influenceurs encouragent littéralement l’idée selon laquelle la détresse psychologique d’un jeune peut être due au fait qu’il est trans et qu’il souffre de dysphorie de genre. Le remède, disent-ils, est de faire son coming out en tant que trans ou non-binaire, ce qui, selon les influenceurs, atténuera sa souffrance. Accueillis par d’autres personnes trans et créatives sur le plan du genre, ces jeunes ont peut-être trouvé de l’acceptation – bien que virtuelle, puisque la plupart de ces rapports se font en ligne.

– Dre Erica Anderson

Les lecteurs de Genspect qui ont personnellement vécu cette expérience seront particulièrement intéressés par l’affirmation suivante de la Dre Anderson :

Ils peuvent également être conseillés sur la façon de naviguer et/ou de contrôler ces questions avec leurs parents, qui, selon eux, ne « comprennent pas ». Ces influenceurs leur conseillent notamment d’effectuer une transition sociale et une transition de genre rapides, qui peuvent inclure un nouveau nom et de nouveaux pronoms choisis, ainsi que l’accès à des hormones d’affirmation du genre. Beaucoup de ces influenceurs donnent littéralement des conseils médicaux.

– Dre Erica Anderson

La Dre Anderson souligne ensuite le fait que les parents qui l’ont récemment contactée au sujet de leur enfant qui s’est soudainement identifié comme transgenre « ne se souviennent d’aucune indication significative de créativité de genre de la part de leur enfant avant les événements récents, cependant de nombreux parents signalent des problèmes psychologiques antérieurs chez leur enfant ». Elle note également la fréquence sans précédent à laquelle elle est contactée par ces parents, auxquels de nombreux thérapeutes conseillent d’affirmer immédiatement l’identité de leur enfant et de se rendre dans une clinique spécialisée dans les questions de genre, ce qui, selon toute probabilité, accélérera la médicalisation de ces enfants.

Bien que les mineurs aient toujours besoin du consentement parental pour les bloqueurs de puberté, les hormones sexuelles croisées et les opérations chirurgicales, les professionnels de la santé sont de plus en plus nombreux, selon les termes de la Dre Anderson, à « défier les parents et à alimenter la rébellion des adolescents ».

Elle souligne qu’un tel activisme de la part des professionnels de la santé cause des dommages aux familles :

Souvent, au moment où j’interviens, il y a eu mise en place pour une bataille féroce entre, d’une part, un jeune désireux de prendre des décisions susceptibles de changer sa vie et d’avoir des conséquences permanentes et, d’autre part, des parents désemparés et déchirés entre l’acceptation et l’affirmation qu’ils veulent donner à leur enfant et la terreur qu’ils éprouvent à l’idée de consentir à des interventions médicales dont ils craignent qu’elles ne conviennent pas à leur enfant pour le moment, voire pas du tout. Ce qui est inquiétant, c’est que ces parents craignent que l’enfant regrette plus tard ces décisions et leur reprochent de les avoir permises.

– Dre Erica Anderson

Elle fait ensuite une déclaration qui est d’une évidence aveuglante pour les parents depuis plusieurs années, mais qui est systématiquement ignorée par les instituts de recherche : « Malheureusement, nous constatons que la recherche sur les jeunes transgenres n’a pas suivi le rythme de ce qui se passe… Certains nient la réalité de l’influence des pairs sur la formation de l’identité. D’autres décrient l’approche méthodologique nécessaire et conforme aux meilleures pratiques. »

Dre Anderson conclut son article en posant les questions qui s’imposent : « Pourquoi ce phénomène est-il nettement différent des précédents ? Comment est-il possible que la formation de l’identité de genre constitue le seul domaine de développement à l’adolescence qui échappe à l’influence des pairs ? »

En effet, nous attendons les réponses avec impatience.

Entre-temps, nous remercions la Dre Erica Anderson pour son article.

Crédit image : SHVETS production, Pexels

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